Côte Sauvage de Quiberon : 7 spots incontournables

Côte Sauvage de Quiberon : 7 spots incontournables

La Côte Sauvage de Quiberon : 7 spots incontournables vus par un photographe local

Huit kilomètres de falaises de granite, de criques sauvages, d'arches creusées par l'Atlantique, et une lumière qui change toutes les heures. La Côte Sauvage est sans doute le plus beau littoral de Bretagne Sud, et c'est aussi mon terrain de jeu quotidien depuis plus de dix ans. Photographe installé à Quiberon, j'ai parcouru ce sentier dans toutes les conditions imaginables — tempêtes d'hiver, brumes matinales, lumières dorées de fin de journée. Voici les 7 spots que je connais le mieux, ceux que je conseille toujours à mes amis photographes, et ceux qui reviennent le plus souvent dans mes tirages.



La Côte Sauvage en quelques mots

Avant d'entrer dans les spots, un peu de contexte pour ceux qui découvrent.

La Côte Sauvage de Quiberon, c'est la façade ouest de la presqu'île, exposée plein Atlantique. Elle s'étend sur environ 8 kilomètres, du Château Turpault au sud (à Quiberon même) jusqu'à la Pointe du Percho au nord (sur la commune de Saint-Pierre-Quiberon). Son caractère sauvage tient à son orientation : elle prend de plein fouet les houles d'ouest qui ont des centaines de kilomètres pour se former. Le résultat, c'est une côte granitique, déchirée, en perpétuel mouvement.

Le sentier côtier qui la longe est une portion du GR34, le célèbre sentier des douaniers qui fait le tour de toute la Bretagne. C'est, à mon avis, l'une des plus belles portions de tout ce GR. Il se parcourt facilement à pied, jalonné de points de vue tous les cent mètres. Aucune baignade n'y est autorisée — les courants et les lames de fond y sont parmi les plus dangereux du Morbihan — mais c'est un paradis pour les randonneurs, les surfeurs aguerris, et bien sûr les photographes.

Conseil photo général : la Côte Sauvage se photographie idéalement en fin de journée, quand le soleil descend droit sur l'Atlantique et illumine les falaises orientées ouest. L'heure dorée y est extraordinaire. Mais ne négligez pas non plus les matinées brumeuses ou les lendemains de tempête : c'est dans ces conditions que la côte révèle son visage le plus dramatique.


1. La Pointe du Percho — le belvédère mythique

C'est le point de vue le plus emblématique de la Côte Sauvage. Située à l'extrémité nord, la Pointe du Percho — autrefois nommée Beg en Aud, son nom breton — domine l'océan d'une trentaine de mètres et offre une vue à 360°. Par temps clair, on aperçoit Belle-Île, l'île de Groix, l'isthme de Penthièvre et le Fort Penthièvre, et toute la côte qui se déroule vers le sud.

Ce qu'on remarque tout de suite, ce sont les vestiges de la maison des douaniers, un ancien poste de guet du XVIIIᵉ siècle qui servait de batterie d'artillerie pour protéger la presqu'île. Les ruines, en pierre, donnent à la pointe une silhouette inimitable.

Mon conseil photo : arrivez deux heures avant le coucher du soleil. La lumière rasante illumine alors les ruines du poste et fait ressortir le relief des falaises. En hiver, c'est aussi un excellent spot pour photographier les tempêtes — depuis la pointe, on a un recul suffisant pour capturer la puissance des vagues qui s'écrasent en contrebas, en restant à distance des embruns. Attention en revanche au vent qui peut être violent : sécurisez bien votre matériel.

→ Découvrir mes photographies de la Pointe du Percho et de la Côte Sauvage


2. L'Arche de Port Blanc — la roche percée

Si la Pointe du Percho est le plus connu, l'Arche de Port Blanc est sans doute le spot le plus photographié de toute la presqu'île. Et pour cause : cette arche naturelle creusée dans la falaise par des millénaires d'érosion offre un cadre absolument unique — une "porte" ouverte sur l'horizon, à travers laquelle on peut voir le ciel et l'océan.

L'arche se situe en contrebas, à proximité immédiate de la Pointe du Percho. Elle n'est visible qu'à marée basse, et on accède à la plage en contrebas par un escalier creusé dans la falaise. Les jours de beau temps, c'est l'un des plus beaux spectacles lumineux de Bretagne : quand le soleil descend à l'ouest, ses rayons traversent l'arche et créent une vision presque irréelle, comme une porte céleste.

Mon conseil photo : consultez l'horaire des marées avant de venir, c'est non négociable. Idéalement, calez votre venue à une marée basse en fin d'après-midi, idéalement autour des équinoxes (mars-avril ou septembre-octobre) où le soleil descend pile dans l'axe de l'arche. À noter : il est strictement interdit de passer sous l'arche, en raison du risque d'éboulement. Et c'est tant mieux, ça préserve le lieu — l'arche est en érosion progressive et finira un jour par s'effondrer.


3. Port Bara — la crique des surfeurs

Port Bara, sur la commune de Saint-Pierre-Quiberon, est l'une des criques les plus spectaculaires de la Côte Sauvage. Encaissée entre deux falaises, ouverte plein ouest, elle reçoit la houle de plein fouet — ce qui en fait l'un des spots de surf les plus réputés du Morbihan.

Pour les photographes, l'intérêt est triple : la violence des vagues qui viennent se fracasser sur les rochers, les silhouettes des surfeurs qui défient la mer, et la grotte naturelle visible à marée basse au pied de la falaise nord.

Mon conseil photo : Port Bara est magnifique par mer agitée. Les jours de tempête modérée (force 6-7), quand les vagues ont 2-3 mètres, c'est un spectacle phénoménal. Les jours de tempête forte, en revanche, le lieu devient dangereux et les embruns peuvent atteindre votre matériel — gardez vos distances et privilégiez un téléobjectif. Pour photographier les surfeurs, venez en automne et en hiver, quand les conditions sont les meilleures.


4. La Pointe de Beg-en-Aud — le bout du monde

À ne pas confondre avec la Pointe du Percho — bien que les deux soient parfois associées dans la littérature touristique. La Pointe de Beg-en-Aud marque véritablement le début nord de la Côte Sauvage, au-delà du petit port de Portivy.

Ce qui rend ce lieu particulier, c'est son histoire ancienne. Beg-en-Aud abrite les vestiges d'un éperon barré gaulois, un camp retranché construit par les Vénètes à l'Âge du fer (entre le VIIᵉ et le Iᵉʳ siècle avant notre ère). Plus loin encore dans le temps, le site était fréquenté dès le Néolithique. Quand on photographie ce lieu, on capture en réalité 2 500 ans d'histoire humaine face à l'océan.

Mon conseil photo : Beg-en-Aud se photographie particulièrement bien en lumière douce — fin de journée, ou par ciel légèrement couvert. La lande qui couvre la pointe (ajoncs, bruyères, fougères) se pare de teintes magnifiques en août-septembre quand la bruyère fleurit. C'est aussi un excellent spot pour les photographies aériennes par drone, qui permettent de bien rendre la structure géologique de la pointe et son rapport à l'isthme.

5. Le Château Turpault — le marqueur sud

Au sud de Quiberon, un château néo-médiéval rouge brique posé directement sur les falaises marque la fin de la Côte Sauvage. Le Château Turpault, construit au début du XXᵉ siècle, est une propriété privée — on ne peut pas le visiter — mais sa silhouette inimitable en fait l'un des monuments les plus photographiés de Bretagne.

Le contraste entre la brique rouge du château, le granit gris des falaises et le bleu de l'océan crée une composition naturellement saisissante. Les couchers de soleil derrière le château, surtout en hiver quand le soleil se couche au sud-ouest, donnent des images magiques.

Mon conseil photo : ne tombez pas dans le piège du selfie devant la grille d'entrée. Le château se photographie à distance, depuis le sentier côtier qui le contourne, ou encore mieux depuis la mer si vous avez l'occasion d'embarquer (excursions en bateau possibles depuis Port Maria). En hiver, par grosse mer, le château surplombe des vagues spectaculaires qui s'écrasent contre la pointe — c'est mon plan préféré.

6. Le Trou du Souffleur — le secret bien gardé

Beaucoup de visiteurs passent à côté sans le savoir. Le Trou du Souffleur est une cavité naturelle dans les falaises qui, par grosse mer, projette de l'eau et de l'écume vers le ciel comme un geyser, dans un bruit caractéristique de souffle marin. C'est l'un de mes spots préférés en hiver.

Il se situe sur la portion centrale de la Côte Sauvage, à proximité de la fontaine de Port Kerné et dans la perspective du restaurant Le Vivier". Il faut souvent un peu chercher pour le repérer — c'est un trou dans le rocher d'une cinquantaine de centimètres de diamètre, alimenté par un conduit naturel qui descend jusqu'à la mer. Attention : par tempête ne vous approchez surtout pas du bord ! 

Mon conseil photo : ce spot ne fonctionne que par grosse houle. Choisissez votre journée : il faut un coefficient de marée fort (>90), une houle d'ouest soutenue (>2 mètres), et idéalement une marée montante. Quand toutes les conditions sont réunies, le souffleur projette des panaches d'écume jusqu'à 5-6 mètres de haut. Avec une vitesse rapide (1/1000ᵉ ou plus), on fige les projections et on obtient des images uniques.


7. Port Rhu — la crique secrète

Si Port Bara est connu, Port Rhu est resté plus confidentiel. C'est pourtant l'une des plus belles criques de toute la Côte Sauvage, et l'un de mes spots favoris quand je veux échapper à la fréquentation estivale et retrouver cette sensation de bout du monde que la presqu'île sait encore offrir.

Située sur la commune de Saint-Pierre-Quiberon, dans le hameau de Kergroix, Port Rhu se niche entre deux falaises de granit, ouverte plein ouest sur l'Atlantique. Sa réputation auprès des surfeurs est solide — c'est l'un des spots les plus techniques du Morbihan, réservé aux pratiquants confirmés — mais son accès difficile la préserve d'une trop grande affluence. Ceux qui font l'effort de descendre y trouvent une crique brute, des falaises spectaculaires, une eau d'un bleu profond les jours de calme, et un déchaînement complet les jours de houle.

C'est aussi un spot qui a une couleur différente des criques voisines : la roche y prend des teintes ocre et noires plus marquées, le sable est moins blanc qu'à Port Blanc, et les jeux d'ombres et de lumières y sont d'une intensité particulière.

Mon conseil photo : Port Rhu se mérite. L'accès depuis le parking de Kergroix passe par un sentier escarpé qu'il faut négocier avec prudence (chaussures fermées indispensables). Une fois en bas — ou plutôt depuis la falaise, où je préfère personnellement me placer pour photographier — la composition est exceptionnelle. Privilégiez les couchers de soleil d'automne et d'hiver, où la lumière vient frapper la falaise nord et crée des contrastes très graphiques. Pour les jours de houle, Port Rhu est sans doute le plus photogénique de toute la côte : les vagues s'engouffrent dans la crique avec une violence très cinématographique, et un téléobjectif depuis la falaise vous permet de capter l'écume qui jaillit sans risquer votre matériel.

Pour les amateurs de photographies de surf, c'est aussi le spot où vous croiserez les surfeurs les plus aguerris de la presqu'île — ceux qui cherchent les vagues que personne d'autre ne vient chercher.


Comment photographier la Côte Sauvage : mes conseils de pro

Au-delà des spots, quelques conseils généraux que j'aurais aimé qu'on me donne quand j'ai commencé à photographier ici.

1. Anticipez la météo et les marées. La Côte Sauvage change de visage toutes les heures. Une carte de marée et une appli météo précise (Windy, Météo Marine) sont vos meilleures alliées. Les plus belles images se font dans les conditions que les autres fuient.

2. Bougez avec le soleil. Le matin, photographiez la côte depuis l'intérieur des terres (lumière dans le dos, océan illuminé). En fin de journée, placez-vous face à l'océan pour capter le soleil descendant.

3. Protégez votre matériel. Les embruns sont corrosifs pour les capteurs et les optiques. Filtres UV de protection obligatoires, chiffon microfibre dans la poche, et nettoyage minutieux après chaque sortie. 

4. Sortez par mauvais temps. La Côte Sauvage révèle son vrai visage dans les conditions difficiles. Mes meilleures images, je les ai faites par vent de force 7, sous la pluie battante, dans le froid. C'est aussi pour ça qu'elle s'appelle "sauvage".


Et si vous ne pouvez pas venir ?

Si la Côte Sauvage vous appelle mais que vous ne pouvez pas vous y rendre — parce que vous habitez à l'autre bout de la France, parce que vous gardez un souvenir précieux d'un séjour passé, ou parce que vous voulez offrir un morceau de Bretagne à quelqu'un qui aime ce coin du monde — c'est précisément la raison pour laquelle je fais ce métier.

Mes tirages photographiques de la Côte Sauvage sont le fruit de plus de dix ans à arpenter ce sentier dans toutes les conditions. Vue aérienne par drone des criques turquoise, tempêtes hivernales sur les falaises, lumières d'été sur la Pointe du Percho, brumes matinales sur Port Blanc : chaque image raconte un instant précis, vécu sur place.

Tous les tirages sont disponibles en plusieurs formats, de l'affiche à 19,90 € au tirage Fine Art grand format encadré caisse américaine. Tirage et encadrement réalisés en France, livraison soignée partout en France et en Europe.

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Louis Métivet est photographe professionnel basé à Quiberon, en Bretagne Sud. Spécialisé dans les paysages marins et la photographie aérienne par drone, il photographie la Côte Sauvage et la presqu'île de Quiberon depuis plus de dix ans. Ses tirages sont disponibles en galerie en ligne sur louismetivet.com.

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